Jardiner sans pluie et sans eau ?

Début septembre, cela fait plus d’un mois qu’il ne pleut pas. Nous traversons une sécheresse plutôt sévère. Comment jardiner sans pluie et sans eau en cette fin de saison ?

article jardiner avec la sécheresse

Jardiner quand il n’a pas plu pendant des semaines en fin d’été ?

Bonjour à tous,

Cela fait des semaines qu’il n’a pas plu chez moi. Je crois que la dernière pluie remonte à mi-août et nous sommes mi-septembre. Le jardin est complètement desséché et manque vraiment d’eau. Tout est jaune et sec comme de la paille.

C’est vraiment dommage car j’adore ce moment au jardin. Il y a tant à faire, tant de possibilités fin août début septembre, c’est comme un deuxième printemps :

  • planter des salades pour l’hiver (je vous montre comment faire ici)
  • planter des bulbes
  • faire des potées fleuries et mettre un petit rayon de soleil sur son balcon pour l’automne et l’hiver…

Faire face à la sécheresse

Je suis en train de me faire une raison, avec cette chaleur, mon arrière saison d’été est complètement foirée. La sécheresse que nous traversons actuellement est venue donner le coup de grâce au potager qui avait déjà subi un bon coup de chaud pendant notre absence fin août, malgré une bonne volonté venue mettre un peu d’eau de temps en temps.

Pas de pluie, quelles conséquences au jardin ?

Tout étant desséché, la première conséquence est bien entendue esthétique. Le jardin devient beaucoup moins convivial, on n’a plus trop envie de venir s’y prélasser. Exit la chaise longue, pieds nus dans la fraîcheur de l’herbe grasse.

Ensuite sur le côté pratique, la terre sèche et poussiéreuse au potager rend bien désagréable toute session de jardinage. Je pense aussi que cette absence d’humidité aura des conséquences négatives sur la santé et la fertilité du sol. Par exemple, ces deux planches attendent depuis plus d’un mois la petite pluie qui m’aurait permis de semer un engrais vert pour les protéger pendant l’arrière saison et en hiver. Elles ne sont plus protégées que par le fin paillage que j’avais installé pendant les cultures (pommes de terre sur l’une et courgettes sur l’autre).

Quelles solutions pour compenser le manque de pluie ?

Arroser

Je n’ai pas renoncé complètement à mes laitues d’automne et d’hiver. Cette semaine, j’ai quand même décidé d’en planter au potager d’installer mes  cultures d’automne/hiver sur mes carrés. Vaille que vaille.

J’ai commencé par arroser abondamment le carré potager où j’ai installé des laitues ‘rougettes de Montpellier’ et du persil. J’ai arrosé abondamment avec la pomme de l’arrosoir, pour faire comme une pluie. Idéalement, il aurait même fallu s’y prendre la veille, et faire plusieurs arrosages.

Effectivement, je ne peux rien planter sans arroser au préalable. Autant, j’admets pouvoir faire cet arrosage préalable pour les plantes potagères, autant je préfère surfer sur la la météo pour les semis d’engrais verts ou les plantes ornementales. Du coup, ma fenêtre de plantation pour les plantes ornementales est ridicule cette année, entre fin mai et mi-octobre, je ne peux rien planter dans mon jardin tellement tout est sec et la terre argileuse refermée. On fera peut-être mieux l’année prochaine, et pour les ligneuses, il reste encore fin octobre et novembre.

Récupérer l’eau de pluie…

Bien sûr, on s’aide un peu en récupérant les eaux de pluie dans cette cuve de 1000 litres. On l’a acheté d’occasion, elle contenait du coulis de fruit pour l’industrie agro-alimentaire, du coup, ça sentait la fraise pendant des semaines après l’avoir installée. On lui a fait un petit habillage en canisse qui durera ce qu’il pourra, je trouve ça plutôt mignon avec la plante qui a grimpé dessus.

Récupérer les eaux grises de la maison

Les eaux grises de la maison peuvent constituer une source abondante d’eau pour le jardin. Car même s’il ne pleut pas, on prend quand même 4 douches par jour dans la famille. Surtout en période de canicule me direz-vous…

Les eaux des douches sont très diluées et leur traitement par des systèmes végétaux est tout à fait possible et de plus en plus répandu. Et nous utilisons des cosmétiques naturels, dont la dégradation biologique est plus facile.

Roseaux pour la filtration des eaux
Evan Brockett

C’est un projet qui revient souvent dans nos discussion d’aménagement du jardin d’autant que nous n’avons ni source ni point d’eau naturel. Du coup, on a toujours peur de faire grimper la facture d’eau en arrosant trop. Et puis c’est quand même terriblement frustrant de consommer de l’eau potable si le résultat n’est pas à la hauteur.

L’idée serait donc de récupérer les eaux grises de la salle de bain (hors machine à laver le linge) en passant dans un système de filtration à roseaux qui alimenterait ensuite une mare. C’est un projet un peu onéreux sans doute, qui nécessitera de forts aménagements avec des terrassements, mais qui ferait sens avec la proximité du potager et la conception du réseau d’eau usées de la maison.

Une mare dans le jardin, c’est bien ce qui nous manque.

LuAnn Hunt

Jardiner à l’ombre

Enfin, pour échapper à cette chaleur écrasante,  le meilleur moyen est… de rester à l’ombre. En septembre, l’ombre a le mérite d’être toujours fraîche.

Le côté nord de la maison est le seul coin qui ressemble encore à quelque chose en ce moment. L’herbe y est encore verte et les plantes ne semblent pas souffrir. C’est un coin refuge ou je place les plantes en pots comme les arums, le saule qu’on m’a offert qui attend d’être planté. C’est aussi un refuge pour la faune, car un crapaud n’est jamais loin de cet endroit, tout comme une petite grenouille verte (une rainette ?) observée il n’y a pas très longtemps dans la consoude.

Cet endroit comprend aussi un hortensia qui se porte bien dans son pot rempli terre de bruyère. Je l’avais déterré du jardin pour l’installer dans ce pot car notre terre argileuse ne lui convenait pas du tout. Sans compter la rhubarbe qui s’éclate au milieu de la consoude.

Finalement, c’est sans doute le seul endroit que je pourrais aménager en cette période. Et ça tombe bien, comme c’est un endroit très trafiqué (il mène au bac à compost), j’avais envie de le pimper un peu. En y ajoutant peut-être la fougère peinte (Athyrium Niponicum Pictum) qui dépérit en fin de saison dans son endroit actuel ou encore des anémones du japon, qui pourraient constituer une jolie petite haie. L’arum actuellement en pot y trouverait certainement sa place en pleine terre, ainsi qu’un petit fushia.

J’ai aussi envie de rajouter d’autres pieds de rhubarbe pour avoir suffisamment de production pour faire des confitures. Si je trouve le temps d’en faire, entre le blog, le boulot, les gosses et le jardin, c’est vrai que je manque d’occupations !

En conclusion…

Je ne vous ai pas parlé des systèmes d’arrosage automatiques dans cet article. Nous sommes dans une approche écologique du jardin, avec des petites surfaces de potager. On ne cherche pas non plus la débauche de moyens pour notre jardin, en particulier pour la partie ornementale, qu’on se refuse un peu à arroser. On cherche des plantes qui soient résistantes aux aléas météorologiques.

J’espère que cet article vous aura donné quelques pistes pour composer avec le temps sec et chaud que nous connaissons en ce moment. N’hésitez pas à partager vos astuces pour faire face à cette période de sécheresse dans les commentaires.

Bon jardinage à tous et à très bientôt !

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