Paillage au jardin – comment jardiner après la loi Zéro-phyto

Loi zéro-phyto, comment faire face aux mauvaises herbes. Pas de panique ! J’accueille une de mes lectrices, Amandine, pro du jardinage pour vous parler de la meilleure alternative bio aux herbicides chimiques et de comment survivre à Zéro-Phyto tout en continuant à avoir un beau jardin. En prime, une petite recette de désherbant naturel pour les cas les plus désespérés !

Loi zéro-phyto : comment se mettre au paillage pour remplacer l’usage des herbicides ?

Unmatinaujardin x Amandine et la vie en vert

La loi zéro-phyto, interdit désormais la vente aux jardiniers amateurs de certains produits phyto-sanitaires, autrement dit, des pesticides : herbicides, fongicides, insecticides.

Peut-être qu’aujourd’hui, vous ne savez pas quelles techniques employer pour vous adapter  à cette loi Labbé ? Et que vous vous demandez comment vous allez bien pouvoir faire face aux mauvaises herbes ? Pas de panique, vous êtes au bon endroit.

Unmatinaujardin voit la Vie en Vert !

Car aujourd’hui, je suis ravie d’accueillir une lectrice du blog, qui va pouvoir nous éclairer sur les solutions bio. Je remercie Amandine d’avoir accepté cette collaboration ! C’est vraiment chouette de se rencontrer une de ses lectrices « pour de vrai ». Je n’en croyais juste pas mes yeux quand on a échangé sur Facebook !

Amandine, est passionnée de jardinage bio ; et elle  gère sa page Facebook « Amandine et la vie en vert » et son blog. Amandine travailles en jardinerie, elle est donc bien placée pour nous parler de cette loi Zéro-Phyto. Elle a rencontré des jardiniers un peu désemparés face à la situation. Et elle va vous donner tous les conseils pour vous aider à vous passer de ces pesticides.

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Bonjour à tous, tout d’abord un grand merci à Justine pour son accueil et surtout son envie de collaborer avec moi. J’ai connu Justine sur la page Facebook de « Terre vivante » et il se trouve, que je lisais son blog bien avant de la croiser sur cette page. Je trouve son blog débordant de naturel et de spontanéité. J’y trouve toujours de bons conseils, abordables et plein de bon sens. C’était donc très drôle de la rencontrer sur cette page…

Je suis une jardinière amatrice, passionnée de jardinage, de nature et d’écologie. Mon blog en est encore à ses débuts, car je n’ai pas forcément beaucoup de temps à y consacrer. J’y publie des conseils accessibles et peu coûteux.

Je suis conseillère de vente en pépinière et marché aux fleurs dans un LISA (Libre-service agricole) depuis plus de 6 ans. En tout, j’ai une dizaine d’années d’expérience dans le monde de la jardinerie.

Le jardin d’Amandine : un jardin planté serré et bien paillé pour limiter les mauvaises herbes

Loi zéro-phyto qu’est-ce que ça change au jardin ?

Justine vous disait en introduction que la loi zéro-phyto pour les jardiniers amateurs a pris effet au 1er janvier 2019. Ce qui change en jardinerie, c’est que nos clients n’ont plus accès aux produits de traitement (Herbicides, insecticides, pesticides, etc) à molécules chimiques, de synthèse. Ces produits ont été retirés de la vente et sont partis à la destruction.

Depuis le 1er janvier, il nous est interdit de vendre, de conseiller ou de détenir en magasin, des produits phyto-sanitaires à molécules chimiques.

Du côté des clients, des jardiniers amateurs, ils n’auront plus le droit de détenir ou d’utiliser ces produits. Ça ne servait à rien de faire des réserves ! La loi prévoit même des sanctions et des amendes si un jardinier amateur utilise encore un de ces produits.

Avant cette date buttoir du 1er janvier 2019, nous disposions de ces produits sous vitrine. Nos clients étaient invités à nous demander de les servir pour accéder à ces produits. J’avais donc pour mission de conseiller les clients, de servir le produit mais surtout de leur expliquer qu’il existait d’autres solutions, plus naturelles et durables à leurs soucis ; et également les préparer à l’arrêt des produits phyto, chimiques.

Ce n’était pas facile, car cette loi a été mal acceptée auprès des jardiniers amateurs : ils ont eu beaucoup de craintes durant cette dernière année. Lorsqu’on leur expliquait que certains produits de traitement seraient retirés de la vente, j’avoue que j’ai eu droit à pas mal de scènes de mécontentement.

Leur souci principal, leur peur première était … Le désherbage !

Imre Tömösvári

Le fameux Rou**** … « Comment va- t- on faire pour avoir un beau jardin, sans mauvaises herbes sans ce produit miraculeux ? »

Justine m’a donc demandé mon avis, mes conseils sur ce sujet. Qu’est-ce que je conseille à mes clients qui ont peur de ne pas s’en sortir ?

Changer son regard sur les mauvaises herbes

Tout d’abord, lorsqu’on me parle de mauvaise herbe, j’aime en premier lieu leur expliquer qu’elles ne sont pas si mauvaises que ça… Qu’elles sont simplement là pour leur indiquer l’état, la structure de leur terre. Selon la qualité de votre terrain, si vous avez une terre lourde et argileuse ou à l’inverse, sableuse, vous n’aurez pas les mêmes herbes indicatrices.

Plantez, semez, paillez, la nature a horreur du vide !

Ensuite, j’aime leur expliquer aussi que dans la nature, rien n’est vide : la nature a horreur du vide, du nu. Si on regarde attentivement autour de nous, aucune surface n’est vide, hormis si elle est travaillée par l’Homme. Une forêt, un champ, une prairie, un parc, même votre jardin, rien n’est à nu !

(Essayez de faire cette expérience : Durant une année, vous ne faites rien sur une parcelle nue. Vous verrez que quelque chose s’installera dessus.)

Donc pour protéger le sol, la nature a décidé d’y planter quelque chose. La meilleure façon de faire pareil au jardin, c’est de pailler avec :

  • Un paillage végétal,
  • Un paillage minéral,
  • ou même des engrais verts,
  • ou des cultures vivaces.

Mais, un paillage, qu’est-ce que c’est ?

Le paillage est une technique de jardinage qui consiste à placer des éléments végétaux, minéraux (ou encore des bâches plastiques) aux pieds des cultures potagères, ornementales ou au verger. Ces éléments végétaux peuvent être morts et en petits morceaux tels que le paillage d’écorces par exemple, ou des plantes vivantes comme l’engrais vert.

Le paillage minéral quant à lui sera constitué principalement de cailloux ou de galets.

Le paillage naturel, végétal ou minéral a pour but de :

  • limiter la pousse des herbes indésirables,
  • limiter l’évaporation de l’eau et
  • créer un habitat pour la biodiversité.
  • Les bâches plastiques limitent seulement la pousse ; elles n’apportent pas grand-chose au sol.

Quel paillage pour quel zone du jardin ?

Pailler au potager

mise en place du paillage au potager

Au potager, le paillage au potager sera une bonne solution pour palier à plusieurs soucis : l’évaporation de l’eau, nourrir son sol et aussi à limiter l’invasion des herbes indésirables.

Le paillage peut réduire le désherbage de façon assez spectaculaire. Il apporte une protection contre l’impact des gouttes de pluie qui peuvent à la longue former une croûte sur le sol, et il ne laissera pas la place aux herbes indésirables, qui ne s’installeront pas ou beaucoup moins.

Il limitera également l’action desséchante du soleil, en été.

On utilisera donc au potager, un paillage à cycle de décomposition court, vu que les cultures sont majoritairement annuelles :

  • la tonte de gazon,
  • les paillages de lin ou de cacao,
  • ou encore la paille en fin de saison.
rang de laitues avec paillage
des feuilles de consoude et de la paille pour les laitues

Installer des engrais verts

Pour les jardiniers un peu plus pointus et qui s’intéressent réellement aux solutions naturelles, je leur propose également les engrains verts ; c’est-à-dire des plantes semées dans le but d’améliorer et de protéger un sol et non dans l’optique d’être récoltées. Ces engrais verts apporteront bien des avantages au potager. Ils offrent une couverture au sol, qui ne sera pas à nue ainsi qu’une profonde nourriture au sol. Les engrais verts prennent la place d’une culture terminée, ce qui évite aux herbes indésirables de s’installer en attendant la culture suivante. Ensuite, une fois l’engrais vert germé, poussé et ensuite, coupé, il sera enfoui dans la terre et va ainsi le nourrir en se décomposant. Leurs racines structurent le sol et apportent de l’azote.

Dans la gamme des engrais verts, les plus connus sont : la moutarde, le trèfle, la phacélie, la vesce, le seigle etc.

On peut également laisser des cultures vivaces au potager, des cultures qui se ressèment. Ainsi, en germant dans le sol, elles prendront de la place et limiteront l’arrivée des herbes indésirables. La mâche est un excellent exemple de culture qui se ressème. En laissant quelques pieds de mâche monter en graines et germer, vous aurait un sérieux avantage sur les herbes indésirables, et en plus, des bonnes salades en perspective !

On peut aussi planter de l’arroche : l’ancêtre de l’épinard, qui se ressèmera toute seule. En plus d’être super bon et vitaminé, cela évitera l’implantation des herbes indésirables.

Le secret est donc : planter autre chose, pour que les indésirables ne trouvent pas de place pour y planter leurs racines.

Quand pailler au potager ?

On peut pailler tout au long de l’année au potager, seule chose à savoir, c’est qu’en fin d’hiver, le paillage retarde le réchauffement du sol : il faut donc écarter votre paillage légèrement vers fin février-début mars, pour que les premiers rayons du soleil réchauffent le sol.

Il n’y pas de contre-indication au paillage, il faut juste faire attention à la couche que l’on met : Par exemple sur les semis, ou les petites cultures comme la mâche, on mettra une fine couche de tonte de gazon, au lieu de mettre une belle couche de paille. Simplement pour que les petites plantules ne soient pas trop gênées.

Paillage au jardin d’ornement

Au jardin d’ornement : là je conseille plutôt des paillages à cycle plus longs, comme l’écorce de pin, le broyat de végétaux, le mélange de paillis, voire pour les clients plus « modernes », le paillage minéral. (Ce dernier n’apporte rien à la terre, aucune nourriture par contre.)

L’avantage de ce paillage est qu’il est long à se décomposer, il va donc nourrir la terre sur le long terme, et il limitera l’apparition des herbes indésirables.

Ce paillage est à renouveler tous les 3 à 4 ans, simplement en rajoutant une couche supplémentaire pour palier à la décomposition de la première couche.

Il existe aussi en jardinerie ce qu’on appelle des « toiles de paillages » : ce sont des toiles vertes ou brunes, en fibres plastiques tressées, que vous étalez sur une surface à planter. Je suis beaucoup moins favorable à ces toiles pour plusieurs raisons :

  • Elles sont en plastique, et il est important de réduire la consommation de plastique, alors je trouve ça contre-productif.
  • Une fois installée, on ne peut plus travailler la terre en dessous
  • Ça n’apporte aucun nutriment au sol en se dégradant
  • Une fois installée, c’est plus compliqué de planter par la suite d’autres plantes.

C’est sûr que c’est simple et efficace, mais pensant de plus en plus à l’avenir de notre planète, je la déconseille. D’autant que le but du jardin bio ou naturel, est d’utiliser ce que nous offre la nature, en réduisant notre impact, alors le plastique… Non merci !

Est-il utile de pailler les arbres du verger ?

Au verger : ici on utilisera comme au jardin d’ornement, des paillages plus longs à décomposer : Le broyat de bois, tout ce qui est à base de cellulose, les écorces de pin, de châtaigner etc.

Une astuce pour les régions un peu plus froides comme la mienne, où les risques de gelées tardives sont grands, on peut protéger ses arbres fruitiers avec de la paille en fin d’hiver. Cette action retarde le réchauffement du sol par les premiers rayons du soleil ; L’arbre fleurira donc un peu plus tard, et ne risquera plus de voir ses fleurs mourir d’un coup de gel en avril.

Ma recette de désherbant naturel pour la cour et les surfaces pavées

Les surfaces en dur : il existe encore des solutions de traitement avec des produits herbicides à molécules naturelles, comme l’acide pélargonique. En soi, ce n’est pas vraiment mauvais, mais je suis convaincue que dans chaque produit transformé, il existe un risque. Ces produits sont efficaces par contact, considérés donc comme des désherbants totaux. Il est donc dangereux de les utiliser à proximité d’autres cultures. Pour ce genre de surfaces dures, comme des allées, des cours ou des terrasses, je vous livre ma recette de désherbant naturelle, de « grand-mère » pour certain, mais qui a fait ses preuves : vinaigre blanc, sel et eau chaude. Cette préparation peut se décliner pour tous les pulvérisateurs (1 litre, 5 Litres) il suffit d’adapter les doses :

  • 1L d’eau
  • 200g de sel
  • 50mL de vinaigre blanc

Ce mélange est à pulvériser sur les allées, les terrasses et les cours gravillonnées.

Comment limiter les mauvaises herbes du gazon ?

La question est un peu plus épineuse. Avant la loi zéro-phyto pour les amateurs, il existait des produits sélectifs, qui faisaient mourir les herbes indésirables tout en épargnant les graminées constituant le gazon.

Aujourd’hui, il n’existe plus ce genre de produits, donc mes clients se retrouvent perdus. Or il suffit de laisser simplement son gazon pousser un peu plus, je dirais entre 5 et 8 cm, pour étouffer les mauvaises herbes qui voudraient pointer leur nez. Les jardiniers amateurs ont tendance à tondre beaucoup trop souvent et bien trop court : Cela fragilise trop le gazon qui aura tendance à jaunir et à griller s’il fait chaud. Il sera ensuite gourmand en engrais, et vous n’aurez jamais un beau gazon, qui sait se débrouiller seul.

Pour cela, il suffit de tondre un peu moins souvent et moins court, et de laisser la dernière tonte sur place, pour qu’elle se décompose et qu’elle nourrisse le sol.

Je rejoins Justine complètement lorsqu’elle parle de pelouse naturelle. Le gazon anglais, vu sur les paquets de graines de gazon est complètement utopique ! A moins de passer 3 heures par jours à genoux dans le gazon pour ôter les herbes indésirables, et de se ruiner en engrais, qui au final ne sera ni bon pour votre gazon, ni pour votre santé, c’est impossible !

Inviter la biodiversité et les plantes spontanées

Les herbes indésirables sont des niches pour la biodiversité. Elles sont d’excellentes pollinisatrices par exemple. Dans une prairie, dans une forêt, rien n’est figé, les plantes vivent ensemble, indésirables ou non, car tout végétal a une fonction. La nature ne laisse rien au hasard, si une plante est là, c’est qu’il y a une raison, un avantage ou un bienfait.

Je me permets une remarque personnelle : je vois de plus en plus de jardiniers qui ne sont pas prêts à laisser entrer le naturel dans leur jardin. Accepter que les herbes indésirables existent, qu’elles ne sont pas mauvaises. Accepter que la nature ait ses propres cycles, ses propres besoins.

Il y a malheureusement un besoin de contrôle absolu du jardinier, sur son jardin. C’est dommage … Mais là n’est pas le sujet.

Les outils manuels pour désherber

  • Le désherbeur thermique : un outil qui fonctionne soit à l’éléctricité soit au gaz. Il est muni d’un embout qui émet une très forte chaleur ; Il faut approcher cette source de chaleur près de la plante indésirable et cette chaleur fait bouillir l’eau contenue dans les cellules des herbes indésirables ; il suffit ensuite de les retirer à la main.

  • La binette qui permet d’étêter l’herbe indésirable, la houe également.

  • Le couteau extirpateur : pour un désherbage localisé et idéal pour les plantes à racines longues et profondes : jeunes arbres, ronces, chardons.

  • Le grattoir

Ces techniques manuelles fonctionnent très bien si on veut bien y passer un peu de temps. Je rencontre beaucoup de gens qui veulent tout, sans y mettre un peu du leur… ça ne marche pas comme ça. Si on souhaite un beau jardin, un beau potager sans herbes indésirables, il faut aller à la rencontre de son jardin régulièrement. C’est la clé.

Jardin bio : économies et autonomie

Vous ne vous rendez pas compte à quel point, avec le paillage, vous verrez des économies …

Je vends dans le cadre de mon métier, des sacs de paillages en tous genres : Minéral, végétal, coco, pin, miscanthus, lin, chanvre, paillis, chêne, châtaigner et j’en passe. Il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Je dirais donc, que vous n’avez aucune excuse pour ne pas vous mettre au paillage.

Mais si vous souhaitez aller encore plus loin niveau économies, il suffit juste de regarder autour de vous. Vous avez des feuilles mortes à l’automne dans votre jardin ? N’allez pas à la déchetterie ! Récoltez vos feuilles mortes et mettez-les aux pieds de vos cultures vivaces.

Vous avez la chance d’avoir une ferme à côté de chez vous ? Utilisez la paille dans votre potager !

Vous avez une grande quantité d’arbres et d’arbustes au jardin d’ornement ? Investissez seul, ou à plusieurs, dans un broyeur de végétaux, et utilisez ce broyat au verger par exemple.

Il existe des dizaines de solutions durables et économiques. Même pour les petits jardins : baladez-vous en forêt et ramassez un bon sachet de feuilles mortes. C’est gratuit et en plus bénéfique à votre jardin.

Avec les produits tout fait, oui, c’est facile. On met son produit dans le pulvérisateur, et c’est fini. Étant au contact quotidien avec ces produits, et bien je peux vous dire que c’est très cher … en plus de ne pas être écologique. Pensez à votre santé, à celle de vos enfants et petits enfants qui jouent dans votre jardin, pensez à votre chat ou à votre chien qui met les pattes dans la pelouse, et ensuite va faire sa toilette, se lécher les coussinets…

La nature nous offre tout ce dont nous avons besoin.

Sincèrement, le paillage est la clé, la solution à vos problèmes d’herbes indésirables. En plus, il nourrit votre sol et réduit les arrosages ; que demander de plus ?

Le paillage présente des avantages écologiques et économiques. Vous ferrez du bien à vos plantes, à votre jardin et à votre porte-monnaie.

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Cet article est maintenant terminé et je vous remercie de nous avoir suivies. J’espère que vous avez trouvé des solutions pour vous adapter à la loi Zéro-Phyto, ce qui est certainement pas toujours facile mais complètement nécessaire pour réduire les pollutions engendrées par tous ces produits.

Dites-nous en commentaire quelles solutions vous avez envie de mettre en place ou par où vous avez envie de commencer pour vous mettre au paillage !

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