Plantes carnivores et Mimosa Pudica : quand on va à la jardinerie avec ses enfants…

Un petit tour à la jardinerie avec les enfants et me voilà avec trois nouvelles locataires : Mimosa Pudica, et deux plantes carnivores. Normal, par leur mouvement et leur vie mystérieuse, ces plantes amusent beaucoup les enfants. Comme je n’ai pas envie de les faire mourir tout de suite, on va voir comment les cultiver et quels sont leurs besoins dans cet article où je vous évoque quelques souvenirs de vacances dans le Mercantour, le Pilat et en Irlande.

comment cultiver ses plantes carnivores

Dionée et Sarracenia, culture des idoles des enfants

Les plantes carnivores fascinent mes enfants. Je ne sais pas si c’est parce qu’elles bougent quand on les touche, parce qu’elle sont affublées de terribles mâchoires ou qu’elles absorbent mystérieusement des insectes, mais à la jardinerie, on fait toujours un petit arrêt devant le rayon. Avec la Sensitive Mimosa Pudica, dont je vous parle dans un second article, elles font toujours leur petit effet auprès de mes bambins chéris.

Jeffery Wong

Mes enfants sont de vraies crèmes dans les magasins (et je ne dis pas ça parce que ce sont les miens…) mais la dernière fois qu’on est allés à la jardinerie ensemble, je n’ai pas pu résister : on est revenu avec une Dionea Miscipula, une Sarracenia sp et un Mimosa Pudica. Secrètement, cet alibi m’arrange bien, puisque l’enfant qui sommeille en moi est encore et toujours émerveillé par ces drôles de végétaux.

 Les nouvelles plantes ? c'est pour les gosses, voyons...

Histoire de ne pas les faire crever tout de suite, on va se faire un petit topo sur les besoins et l’entretien du Mimosa Pudica, de Dionea Miscipula et Sarracenia sp. Je vais commencer par les plantes carnivores, et ce premier article m’a replongée un brin nostalgique dans mes souvenirs de vacances.

Les plantes carnivores, savoir d’où elles viennent pour bien les cultiver

J’ai déjà cultivé des plantes carnivores il y a quelques années avec un certain succès. Ça va en général avec les cactus et les orchidées et toutes ces plantes un peu originales. La difficulté réside dans la qualité de l’arrosage et du substrat. Une fois ces deux points maitrisés, les plantes carnivores ne demandent que peu de soins.

Les plantes carnivores viennent de zones humides des quatre coins du globe. Il y en a en France, j’ai même eu la chance d’en observer au détour d’un sentier dans le Mercantour. Après avoir vu les grassettes, on s’est retrouvé dans des champs d’orchidées, au mois de juin, cette région offre un spectacle féérique pour les fans de plantes…

Bref je m’égare…

plante carnivore dans le Mercantour
Souvenir, souvenir : les grassettes poussant sur une paroi ruisselante – Mercantour

Les plantes carnivores poussent donc dans des zones humides et pauvres : les tourbières, ou encore des rochers comme ces grassettes (famille des Pinguicula) sur la photo ou vous vous doutez qu’il n’y a pas de sol. Elles ont alors du développer la capacité de se nourrir autrement que par leur racines. Il faudra donc tenter de reproduire ce milieu en culture, et vous verrez qu’il n’est pas nécessaire de les « nourrir », bien au contraire.

Le bon substrat dans le bon pot

Un substrat spongieux avec un pH acide : la tourbe blonde est idéale. On peut lui ajouter un peu de vermiculite pour drainer. Le mélange standard est composé de :

  • 3/4 de tourbe blonde
  • 1/4 d’éléments drainants inertes : sable de la Loire (rayon aquariophilie) perlite ou vermiculite (magasins spécialisés, horticulteurs). En aucun cas utiliser des matériaux calcaires.

Malheureusement, l’exploitation de la tourbe blonde pour l’horticulture menace les tourbières, milieux fragiles qui sont issues de la décomposition des végétaux pendant des milliers d’années. Un peu comme le pétrole, ce n’est pas une ressource renouvelable. Pour ma part, j’essaie de faire attention à l’écologie chez moi, et j’avoue que l’utilisation de la tourbe pour les plantes de la maison est loin d’être exemplaire…et je me dis qu’il est peut-être temps de trouver les substituants ?

Attention : une fois sèche, la tourbe est très difficile à ré-humidifier. Il faudra la laisser tremper plusieurs jours dans l’eau de pluie avant de pouvoir la travailler.

Dionea Miscilupa

Il ne faut jamais mettre d’engrais ou d’amendements (type compost, fumier) ou c’est la mort directe de votre plante, ni de terre de jardin ou de sable calcaire.

Les plantes carnivores ont besoin d’un grand pot, afin de limiter les variations d’humidité et de température du substrat, de préférence en plastique car il est inerte. La première chose à faire lorsque vous reviendrez de la jardinerie sera donc de rempoter votre plante carnivore dans un grand pot.

L’arrosage

Votre plante carnivore devra toujours avoir les pieds dans l’eau. Le très bon site http://www.infoscarnivores.com/materiel.htm (où j’ai révisé mes classiques, hein parce que ça faisait longtemps que j’avais pas eu une petite carnivore à la maison) conseille les pots à réserve d’eau. En pratique, un pot posé sur une très large soucoupe avec quelques millimètres d’eau et des billes d’argile peu aussi convenir, pour assurer l’ambiance humide qui convient tant aux plantes carnivores.

Sarracenia, une plante carnivore avec des urnes pour pieger les insectes
Une large soucoupe pour l’arrosage

Enfin, un arrosage à l’eau de pluie ou à défaut à l’eau déminéralisé est impératif : les plantes carnivores détestent les sels minéraux. Le moindre excès de minéraux venant d’une eau du robinet trop calcaire, d’un apport d’engrais ou de terre de jardin la fera crever sans sommation. Vous êtes prévenus !

Donc, pour prendre soin de votre plante carnivore, commencez par trouver comment récupérer et stocker de l’eau de pluie. Tout de même, l’eau du robinet si elle n’est pas calcaire comme en Bretagne ou en Auvergne peut servir en dépannage trois semaines au maximum. Une eau douce présente moins de 10°TH. C’est indiqué sur vos papiers d’abonnement d’eau.

En hiver, les arrosages seront moins importants, il faudra juste veiller à ce que le substrat ne sèche jamais. Et il ne sera pas nécessaire qu’elle baigne dans l’eau de sa soucoupe.

En ce moment, ma fille aime créer des mini-paysage avec de la sphaigne et plein de petits éléments ramassés dans le jardin. On va mettre les plantes carnivores à côté.

Dionea Miscilupa

land-art avec les enfants : mini-paysage de sphaigne

Quelle exposition et température ?

Les Sarracénia et les Dionea Miscipula viennent de zones subtropicales du sud-est des Etats-Unis. Ce qui veut dire, que le soleil est plus intense que chez nous (la latitude est inférieure) et qu’elles sont adaptées à un climat à quatre saisons comme chez nous. Le climat subtropical connait un hiver, contrairement au climat tropical. Ce qui veut dire que la plante appréciera de prendre un petit coup de frais à l’automne et en hiver. Inutile de les rentrer trop tôt en automne.

Bien que l’étiquette de la Sarracenia mentionne une résistance jusqu’à -15°C, je suis plutôt dubitative. J’aurais tendance à prendre une marge de sécurité et à les hiverner dans une pièce non surchauffée dès que les températures descendent sous les 0°C. L’idéal reste votre salle de bain, si elle est bien exposée, ou encore une serre fraiche, une véranda. Ces deux variétés aiment sentir les variations de saisons.

Sarracenia

Ensuite, par définition, la tourbière est un milieu ouvert, sans arbre, que l’on imagine bien battu par les éléments. Ça me rappelle mon voyage en Irlande… hop, je vous met une photo… La plante carnivore est nichée dans ce paysage austère, abritée sous les herbes voisines. C’est une dure à cuire (enfin, pour la plupart). Elle s’épanouira sans problème au soleil et sous la pluie, ce qui la rendra d’autant d’autant plus belle et résistante.

paysage irlandais
La lande humide irlandaise : un paysage ouvert entre lacs, tourbières et petits bocages
Plantes de tourbière (Gimel – Pilat), le milieu naturel de la Drosera

 

Pour finir, très important, dissuadez vos bambins (et vous-même) d’actionner les mâchoires de la dionée. En effet, au bout de deux ou trois fermetures/ouverture, la tête finit invariablement par sécher. Et si les têtes sèchent plus vite que ce qu’elles arrivent à pousser, votre plante crèvera sans autre forme de procès. Inutile donc de lui apporter des mouches. Pour citer mon garçon :

"il faut laisser les moustiques y aller tout seuls, Maman."

le piège de la dionée en détail - flytrap in details

N’espérez pas non plus qu’une plante carnivore vous débarrasse des mouches, moustiques et autres guêpes qui nous tournent autour pendant l’été. Son action sur les insectes est moins qu’anecdotique.

Pour en savoir plus sur les plantes carnivores

J’aime beaucoup les principes énoncés dans ce dernier blog, ça résume tout ce qu’il est nécessaire de connaitre pour bien cultiver les plantes carnivores :

  • Les pots ne seront jamais trop grands
  • il n’y aura jamais trop de soleil
  • il n’y aura jamais trop d’eau (et j’ajouterai elle ne sera jamais assez pure)

Vous parler de plantes carnivores m’a ramenée dans le Mercantour, le Pilat et l’Irlande, m’a transportée dans les zones subtropicales des Etats-Unis. Voilà une qualité des plantes : nous faire voyager, nous faire rêver d’ailleurs lointains ou proches.

Et vous, avez-vous déjà tenté de cultiver des plantes carnivores ?

 

 

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